Un Moment Déterminant
Allocution du Président Veazey à l’Eglise le 5 avril 2009
Nous voici arrivés à un moment déterminant dans la vie de l’Eglise! Les
moments déterminants arrivent au point de rencontre entre la peur et l’espoir,
la difficulté et l’opportunité, l’hésitation et la réponse fidèle.
L’Eglise a déjà connu des moments déterminants auparavant. Des moments où des
choix délibérés ont du être faits pour clarifier les priorités face à des
circonstances difficiles. Ce genre de moments déterminants ont fait ressortir le
meilleur de nous et nous ont préparés à la phase suivante de notre voyage avec
Dieu.
Qu’est-ce qu’un moment déterminant ? En général, on peut le définir en posant
deux questions : Allons-nous laisser certaines circonstances et difficultés nous
distraire de notre mission ? Ou allons-nous clarifier nos priorités de mission
et nous concentrer sur ce qui importe le plus?
Ce n’est une surprise pour personne que l’Eglise, tout comme d’autres
organisations, est confrontée à des difficultés financières en raison de
conditions économiques difficiles. Je sais bien que c’est une préoccupation
majeure pour de nombreux membres. Donc, laissez-moi parler de cette
préoccupation en premier.
La viabilité financière à long terme de l’Eglise n’est pas en jeu. Les
générations passées qui ont fait preuve de générosité dans le sacrifice, les
dirigeants antérieurs qui ont fait preuve de prévoyance et les politiques
financières appliquées avec discipline aujourd’hui continuent à garantir
l’avenir financier à long terme de l’Eglise. Cela dit, la récession continue a
causé un déclin dans les contributions pour les Ministères Mondiaux et les
projections de revenus résultant des investissements de l’Eglise.
Après une évaluation soignée de la situation, les officiers de l’Eglise
Mondiale ont décidé que nous devons réduire le budget pour nos
Ministères
Mondiaux. Notre plan actuel appelle à une diminution d’environ quatre millions
de dollars. Une grande partie de la réduction aura lieu au cours de l’année
fiscale 2010, qui débute en juillet 2009. La diminution prévue exigera une
réduction des ministères financés par l’Eglise Mondiale, des services de soutien
et du personnel dans le monde entier et au Siège International. Comment
allons-nous réagir?
Avant de répondre à cette question, permettez-moi de remercier toutes les
personnes qui contribuent de manière constante à travers la Dîme pour la Mission
Locale et les Ministères Mondiaux, en particulier les personnes aux revenus
fixes ou limités. Votre soutien permanent, en particulier en ces périodes
difficiles, nous encouragent. Vous faites déjà votre part et l’Eglise vous
remercie de votre générosité.
J’imagine que l’on pourrait décrire les difficultés financières actuelles en
termes purement économiques. Cependant, je crois que la situation économique
révèle vraiment une question spirituelle qui exige une réponse spirituelle.
Un des Principes Permanents de l’Eglise est « la grâce et la générosité ».
Nous répondons à la grâce de Dieu, telle qu’elle est particulièrement révélée en
Jésus-Christ, en donnant avec générosité et en recevant avec grâce la générosité
des autres. C’est un principe profondément spirituel qui découle de la nature de
Dieu. Nous sommes appelés, selon les desseins éternels de Dieu, à grandir
spirituellement tout au long de notre vie dans la grâce et la générosité.
Que comprenons-nous par la relation spirituelle entre la grâce de Dieu, le
don de l’évangile, la vie de disciple, la générosité et la mission de l’Eglise?
Est-elle juste limitée à ce qui sert essentiellement nos besoins personnels ou à
ce que nous aimons le plus ? Est-elle définie par des contributions banales et
sporadiques tandis que nous appliquons la majeure partie de nos ressources à
d’autres objectifs? Ou comprenons-nous que le cœur de l’évangile révélé en
Christ, c’est de vivre une vie pleine de compassion et de générosité qui reflète
la nature généreuse de Dieu?
Dans la Communauté du Christ, lorsque nous devenons des disciples de Jésus,
nous ne devenons pas que des simples membres d’une congrégation locale. Nous
devenons des membres d’une communauté de foi mondiale. L’Eglise est un organisme
international qui a reçu la vie pour accomplir des desseins divins liés au
royaume à venir de Dieu sur terre.
La vie de disciple inclut de répondre au don de Dieu en Christ en donnant de
manière constante et généreuse, selon notre capacité complète et – nous
l’espérons – grandissante de soutenir les ministères locaux et mondiaux. Ce
soutien est un des moyens les plus évidents d’exprimer notre engagement
spirituel envers la vision du Christ. Les contributions aux Ministères Locaux et
Mondiaux sont également importantes pour que l’Eglise puisse accomplir sa
mission commissionnée par Dieu.
Je veux clarifier certaines choses avec les dirigeants des congrégations et
la prêtrise à ce sujet. Nous ne pouvons espérer une réponse généreuse
grandissante aujourd’hui ou dans l’avenir, même si la situation économique
s’arrange, si nous n’enseignons pas aujourd’hui les principes de la Réponse
Généreuse du Disciple à toutes les générations. Ces principes sont d’économiser
avec sagesse, de dépenser de manière responsable et de partager avec générosité
à travers la Dîme pour la Mission des Ministères Locaux et Mondiaux. Et, nous ne
pouvons pas enseigner avec intégrité si nous ne personnifions pas pleinement ces
principes dans notre vie.
Je voudrais maintenant me pencher sur la vision de l’Eglise pour la mission.
Après plusieurs années de discussion et de réflexion dans la prière, les
dirigeants de l’Eglise ont présenté une position claire sur l’identité, la
mission et le message de l’Eglise dans un document intitulé « Nous Partageons ».
« Nous Partageons » a été rédigé par un groupe divers de dirigeants et de
membres de l’Eglise venus du monde entier. Nous avons été richement bénis par le
Saint Esprit tandis que nous avons débattu d’importantes questions sur
l’identité, la mission et le message de l’Eglise à partir de multiples
perspectives culturelles. Finalement, nous sommes parvenus ensemble à ce qui je
crois décrit le cœur et l’essence de l’identité, la mission et le message de
l’Eglise aujourd’hui.
Alors que le document était en cours de finalisation, j’ai reçu l’affirmation
claire de l’Esprit qu’il donne une ample direction pour les prochains chapitres
de notre voyage en tant que peuple de Dieu. Et si suffisamment de membres et de
congrégations incarnent ses principes, l’Eglise avancera de manière
spectaculaire pour accomplir sa mission.
En abordant ce document, il ne s’agit pas de pinailler sur les détails ou de
chercher des exceptions. Il s’agit d’être capturés par la vision et la direction
que Dieu nous offre avec grâce au travers des perspectives combinées de notre
famille mondiale. Lorsque les principes de ce document deviendront les
caractéristiques de notre manière de vivre plutôt que juste des idéaux, nous
deviendrons la Communauté du Christ que Dieu nous appelle à devenir. [Vous
trouverez le texte du document « Nous Partageons » à l’adresse internet
suivante :
www.CofChrist.org/francais/nouspartageons/.]
Pour devenir la Communauté du Christ que Dieu nous appelle à devenir, nous
devons aborder des questions importantes. La première concerne notre connexion
avec notre histoire.
L’histoire de l’Eglise à ses débuts est l’histoire d’un peuple fidèle,
inspiré qui a entendu l’appel à accepter et partager l’évangile du Christ de
manière plus complète. Ils l’ont fait avec beaucoup d’enthousiasme. Ils y ont
répondu avec un engagement hors du commun et une énergie créative, en donnant
une expression concrète de l’évangile dans leur vie en communauté.
Au fil des générations, cela dit, nous avons tissé leur histoire pour donner
à l’Eglise son meilleur profil. Nous avons élevé les premiers dirigeants de
l’Eglise au statut de héros spirituels aux proportions mythiques, tout en
faisant peu cas de leur humanité et de leurs difficultés.
Au cours des dernières décennies, de nombreux ouvrages et articles ont été
rédigés sur les premières années du mouvement de la Restauration. Même si
certains travaux ont abordé cette période de l’histoire en décrivant des
évènements, des travaux plus récents explorent les facteurs interconnectés des
dimensions religieuse, sociale et politique qui ont eu une influence sur
l’Eglise à ses débuts et sur ses dirigeants. De nombreux historiens, ayant accès
à d’autres données historiques, écrivent avec franchise et ouverture.
La Présidence a récemment publié un ensemble de « Principes pour l’Histoire
de l’Eglise » [parus dans le Héraut d’octobre 2008 et disponible sur le site
internet de l’Eglise à :
www.CofChrist.org/francais/history.asp.] Les « Principes pour
l’Histoire » ont été élaborés pour apporter une perspective sur la relation
entre l’histoire et les sujets de la foi. Tout en affirmant le rôle essentiel de
l’étude historique, les principes affirment que l’histoire n’a pas le dernier
mot sur les sujets de la foi et la direction en développement de l’Eglise
aujourd’hui. Les principes pour l’histoire offrent les directives nécessaires
pour chérir notre histoire, sans être complètement définis par elle.
Laissez-moi vous donner un exemple. Malgré la manière dont notre histoire est
souvent racontée, nous ne pouvons plus clamer que nous n’étions que les simples
victimes innocence de la violence au cours des premières années d’existence de
l’Eglise. Certes, nos ancêtres furent certainement la cible de persécution en
plusieurs occasions. Mais plus d’une fois, ils ont provoqué et initié la
violence par des attitudes de jugement envers les autres. Au cours des années de
tension de l’Eglise à ses débuts, la violence et la militance ont remplacé le
message de réconciliation, de pardon et de paix du Christ.
Pour aller de l’avant avec intégrité dans notre effort de partager la paix de
Jésus Christ, nous devons nous repentir des épisodes violents de l’histoire de
l’Eglise et apprendre de ceux-là. Ce n’est que par l’examen honnête, et
également en identifiant les signes restants de ces tendances, que nous pouvons
continuer sur le chemin libérateur de la paix, la réconciliation et la guérison
de l’esprit auquel Dieu nous appelle.
Nous pouvons faire ces pas car nous savons que notre histoire n’a pas à être
parfaite pour révéler la main de Dieu à l’œuvre dans le mouvement. Il est
ironique que l’un des principes principaux des Ecritures est que la grâce de
Dieu se révèle le plus clairement par ses mouvements dans et à travers
l’humanité, en particulier la faiblesse et le péché des êtres humains. Voir
notre histoire avec cette perspective nous permet de faire preuve d’affirmation,
d’honnêteté et de sympathie.
Nous devons également reconnaitre que la partie de notre histoire la plus
longue est l’histoire de la Réorganisation. Cette histoire constitue plus de 150
années de notre héritage. C’est l’histoire de Jason Briggs dont le récit de son
expérience avec l’Esprit en réponse à sa prière sur l’avenir de l’Eglise est
devenu le point de ralliement pour les « Saints Eparpillés ». C’est l’histoire
de la foi, du courage et de la ténacité d’Emma Smith. Sans elle, nous ne serions
pas ici. C’est également l’histoire de la réponse cruciale de Joseph Smith III
aux directions de l’Esprit dans sa jeune vie.
La Conférence Mondiale de 2010 comprendra une célébration du 150è
anniversaire de la conférence de 1860, au cours de laquelle Joseph II accepta
son appel prophétique. Ses cinquante années de direction sage, pastorale et
visionnaire ont donné le ton et la direction qui continuent à façonner l’Eglise.
Joseph III a aiguillé l’Eglise sur le chemin pour devenir un mouvement de foi
dédié à la poursuite de la réconciliation et de la paix, à savoir l’espoir de
Sion et l’essence de l’évangile. S’adressant à une conférence extraordinaire de
1863 sur le focus désiré du ministère de l’Eglise, il dit : « Nous devons
prêcher les choses paisibles du Royaume » (True Latter Day Saints Herald,
vol. 4, p 30.)
En 1893, Joseph III est mis en prison, où T Sharp, le chef présumé de la
bande de voyous qui avait tué son père et son oncle, est arrêté pour des charges
différentes. Au grand chagrin de nombreux membres qui étaient toujours très
amers par rapport à ces meurtres, il tend la main du pardon. C’est le genre
d’histoire que nous devons raconter plus souvent!
Je crois qu’Emma Smith, Joseph Smith III et tous ceux qui ont suivi le vieux
sentier, mais toujours nouveau, de la Réorganisation seraient heureux de voir
l’Eglise aujourd’hui. Je pense qu’ils verraient leurs espoirs pour l’Eglise
accomplis à travers nos efforts pour la réconciliation et la guérison de
l’esprit; notre ouverture à la révélation continue ; notre compréhension
grandissante des dons et de l’appel au ministère, notre préoccupation pour les
pauvres et notre forte concentration sur l’encouragement d’une communauté
chrétienne de paix telle l’espoir de Sion.
En plus de mettre notre histoire en perspective, nous devons également
approfondir notre compréhension de la nature des Ecritures.
Pour cette partie de notre voyage, nous avons besoin d’une lumière et d’une
boussole. Notre lampe est le témoignage du Saint Esprit qui illumine la vérité
divine. Notre boussole est « la Déclaration sur les Ecritures » de l’Eglise qui
donne une direction sûre. [« La Déclaration sur les Ecritures » se trouvent sur
la page internet de l’Eglise à :
www.CofChrist.org/francais/scripture.asp.]
A la base de « la Déclaration sur les Ecritures » se trouve la compréhension
que les Ecritures sont une compilation merveilleuse d’écrits inspirés qui sont
indispensables pour rencontre le Dieu Vivant révélé dans la Parole Vivante,
Jésus-Christ. Les Ecritures parlent dans de nombreuses voix différentes, dans
des témoignages, des histoires, de la poésie, des métaphores, des commentaires
et des paraboles. Tous ces moyens de communiquer nous montrent la direction vers
des vérités divines de manière dépassant tout ce que le langage peut pleinement
exprimer. Les Ecritures ont de l’autorité, pas parce qu’elles sont parfaites ou
infaillibles, mais parce qu’elles nous maintiennent enracinés dans la révélation
de Dieu.
Voici le cœur de notre défi. Au cours des derniers siècles, une doctrine
scripturale a émergé dans le christianisme insistant que les Ecritures dans leur
totalité – chaque mot – ont été dictée directement par Dieu et sont infaillibles
dans chaque détail. Cette croyance a vu le jour en réponse aux questions sur
l’autorité religieuse de la part de personnes clamant que la raison humaine
était le chemin le plus fiable menant à la vérité. Donc, une doctrine
scripturale a vu le jour et encensait les paroles mêmes des Ecritures en les
clamant infaillibles et en les déclarant seule autorité sur tous les sujets.
Cette façon de voir est toujours très dominante dans le christianisme
aujourd’hui. Elle influence fortement nombre de membres de la Communauté du
Christ qui l’ont adoptée à partir de la culture de masse.
Cependant, cette doctrine ne reflète pas la manière dont les Ecritures ont
été comprises dans le christianisme de nombreux siècles après son apparition. Et
ce n’est pas ainsi que la Communauté du Christ voit officiellement les Ecritures
aujourd’hui.
L’Eglise affirme que les Ecritures sont inspirées et essentielles pour
connaitre Dieu et l’évangile. De plus, nous croyons que les Ecritures doivent
être interprétées de manière responsable grâce à une étude informée, guidée par
l’Esprit à l’œuvre dans l’Eglise. Les Ecritures ont été formées par la
communauté pour façonner la communauté. Donc, interpréter les Ecritures est le
travail constant de la communauté. En d’autres termes, comprendre et appliquer
les Ecritures, ce n’est pas juste lire un passage et décider de nous-mêmes ce
qu’il signifie.
La Communauté du Christ souligne également que toutes les Ecritures doivent
être interprétées en utilisant la perspective de la révélation de Dieu la plus
décisive en Jésus-Christ. Donc si des passages d’Ecritures sont contraires à
notre compréhension la plus pleine du sens de la révélation de Dieu en Christ,
telle qu’illuminée par le Saint Esprit et discernée par la communauté de foi,
les enseignements et la vision du Christ ont précédence. Ce principe s’applique
à tous nos livres d’Ecritures.
C’est pourquoi notre croyance en « la révélation continue » est si
importante. Cette croyance nous permet d’être toujours ouverts à « encore plus
de lumière et de vérité » afin que nous puissions grandir dans la compréhension
de la volonté suprême de Dieu telle que révélée en Christ.
Doctrine et Alliances 163:7d affirme que « Les Ecritures, la direction
prophétique, la connaissance et le discernement dans la communauté de foi
doivent marcher de paire pour révéler la véritable volonté de Dieu. Suivez ce
chemin, qui est le chemin du Christ Vivant, et vous découvrirez plus de lumière
qu’il n’en faut pour le voyage qui est à venir ».
Des réflexions supplémentaires sur la manière dont nous connectons histoire
et Ecritures paraitront dans le Héraut dans les mois à venir. Maintenant
que nous avons abordé la question de manière générale, tournons-nous vers
certaines opportunités et certains besoins particuliers qui se présentent à
nous.
La Conférence Mondiale de 2007 a approuvé une résolution demandant à la
Présidence d’apporter une direction à l’Eglise concernant notre pratique du
rebaptême en tant que condition requise pour devenir membre de l’Eglise. Après
une période d’étude et de réflexion, la Présidence invite l’Eglise entière à
participer à un discernement dans la prière à ce sujet. Nous pensons que cette
approche est en harmonie avec Doctrine et Alliances 162:2c qui dit: « vous êtes
appelés, sous la direction des autorités spirituelles et avec le consentement
commun du peuple, à discerner la volonté divine pour votre époque et pour les
endroits où vous servez ».
L’opportunité évidente qui se présente à nous est d’affiner nos compétences
en tant que peuple prophétique et de discernement. L’importance du processus est
bien plus grande que la manière dont nous allons trouver une résolution à cette
question. Son importance ultime repose dans le fait d’enrichir notre capacité à
nous engager dans un dialogue juste, guidé par l’Esprit sur des questions
importantes. Les compétences et expériences acquises au cours de ce processus
nous seront essentielles à l’avenir lorsque nous aborderons d’autres questions.
Des ressources offrant une assistance individuelle et de groupe seront envoyées
aux pasteurs et seront bientôt disponibles sur le site Internet de l’Eglise à
www.CofChrist.org/francais/cofm/.
Même si nous apprécions l’enthousiasme et la conviction des personnes qui
nous envoient déjà leurs réponses finales, nous encourageons tous les membres à
participer dans la prière, l’étude, la discussion et le processus de
discernement avant de partager vos perspectives.
C’est révélateur de voir que la plupart des choses que j’ai abordées
aujourd’hui concernent des questions internes à l’Eglise. C’est la plus grande
difficulté à laquelle nous devons faire face. Pourrons-nous mettre les questions
internes à l’Eglise en perspective afin de pouvoir nous concentrer avant tout
sur notre mission de Proclamer Jésus-Christ et promouvoir des communautés de
joie, d’espoir, d’amour et de paix? Tout autre chose est secondaire à
la poursuite de cette mission.
Par exemple, j’ai commencé ce discours en abordant les difficultés
économiques face à l’Eglise et en vous assurant que notre viabilité financière à
long terme n’est pas remise en question. Est-ce la question la plus importante
que nous devrions poser? La question la plus importante pour une Eglise de
mission ne concerne pas la survie à long terme. C’est la manière dont nous
poursuivons avec passion la mission du Christ dans un monde brisé implorant dans
la douleur les vérités libératrices de l’évangile (Doctrine et Alliances 155: 7)
Nous mobilisons-nous pour apporter un soin pastoral et une aide concrète aux
personnes et individus qui arrivent à peine à survivre à cause de difficultés
économiques? Réagissons-nous à la haine et la violence accrues envers les
immigrés et les minorités ethniques parce qu’il y en a qui veulent en faire des
boucs émissaires pour nos difficultés collectives? Qu’en est-il des enfants dans
votre communauté ? Comment vont-ils ? Que signifie être un peuple prophétique
qui parle et agit au nom de Dieu et du Christ dans de telles périodes?
Nombre de nos membres vivent dans des pays aux systèmes politiques et
économiques en développement ou en berne. Leur situation est bien pire que tout
ce que la majorité d’entre nous qui vivons dans les régions plus affluentes,
pouvons connaitre. Ce qui importe le plus pour eux est de trouver un moyen de se
libérer et de libérer leurs prochains des effets dévastateurs de la pauvreté, de
la maladie et du conflit. La question de mission pour l’Eglise est : « Comment
l’espoir du royaume de paix de Dieu peut-il devenir plus qu’un rêve lointain
pour eux ? » Qu’allons-nous faire en tant qu’Eglise dont la mission est basée
sur la restauration des personnes à la plénitude dans la communauté?
Je suis heureux d’annoncer que la Présidence, de concert avec la Réseau de
Soutien de la Paix de la Communauté du Christ, convoquera un sommet en septembre
pour étudier cette question. Nous invitons les dirigeants de ministères liés à
l’Eglise et tous nos affiliés – comme Outreach International, World Accord,
l’Université de Graceland et le Séminaire, pour n’en citer que quelques-uns – à
se joindre à nous.
Notre objectif est de créer une vision et un plan d’action coopérative pour
promouvoir des communautés de justice économique et de paix dans le monde. La
coordination et l’intégration de nos ministères d’aide humanitaire, des
ministères d’éducation, de défense et de développement de communauté nous
permettront d’avoir un impact encore plus grand.
Dans de nombreuses régions du monde occidental, une des préoccupations
majeures est la viabilité, le renouveau et la croissance des congrégations pour
accomplir la mission de l’Eglise. L’Initiative de Pasteur Commissionnés est un
projet pilote conçu pour découvrir les formations, ressources et soutien
pastoral les plus efficaces pour mener des congrégations saines qui impliquent
toutes les générations dans l’accomplissement de la mission du Christ.
Nous avons beaucoup appris à partir de projet pilote. En dépit des
difficultés financières auxquelles nous faisons face, il est essentiel de donner
encore plus accès à ce soutien et ces formations à plus de pasteurs, de
dirigeants de congrégations et à la prêtrise. Au lieu des 100 pasteurs qui
aujourd’hui terminent le projet pilote, je vois cinq cents, huit cents, mille
pasteurs et dirigeants de congrégations qui répondront à l’appel des devenir des
dirigeants de congrégation efficaces et visionnaires. Des dirigeants qui savent
comment impliquer toutes les générations dans la vie de la congrégation. Des
dirigeants qui savent et qui peuvent guider leur congrégation pour découvrir les
ministères que Dieu les appelle à poursuivre dans les communautés où ils
servent.
Je suis conscient des frustrations de certains jeunes et jeunes adultes par
rapport à la lenteur apparente de la vie de la congrégation en réponse à la
mission. Je suis également conscient de votre déception de ne pas avoir des
opportunités de servir et diriger comme vous vous y sentez appelés. En réponse,
je veux que vous sachiez que l’Eglise a besoin des perspectives et dons de
toutes les générations pour être saine. Les congrégations qui ignorent ce
principe le font à leurs risques et péril.
Je sais également que les paroles ne suffisent pas. Nous devons faire quelque
chose maintenant. D’autres dirigeants de l’Eglise et moi-même nous engageons
personnellement à rencontrer les jeunes adultes dans de nombreuses régions pour
écouter leurs inquiétudes, leurs perspectives et espoirs. Nous voulons visionner
l’avenir de l’Eglise avec vous. Nous voulons explorer des modèles de ministère,
de mission et de direction pour vous ouvrir plus de portes. Nous sommes en train
de faire des plans pour organiser ces rencontres. La première aura lieu ici dans
le Lecture Hall juste après ce discours. J’invite tous les jeunes adultes
présents à se joindre à nous ce soir. Oui, il y aura à manger. (Et si vos
enfants sont des jeunes adultes ou étudiants, vous n’êtes plus jeunes adultes.
J’ai du finir par accepter ce fait, et vous devrez le faire aussi.)
Nous avons besoin de vous! Si vous êtes prêts à déclencher des changements
aujourd’hui, rendez-vous sur www.we-cause.org. Vous trouverez sur ce site
un message vidéo de moi et d’autres infos sur nos plans de réunions avec les
jeunes adultes. Vous y trouverez également des renseignements et des liens pour
des opportunités spécifiques pour participer, et des moyens concrets de soutenir
la mission de l’Eglise aujourd’hui.
Donc, après avoir dit tout cela, qu’est-ce qui importe le plus ? J’espère que
le message est clair. La vision et la mission de Jésus-Christ importent le plus!
Ce qui importe le plus est que nous devenions ce que Dieu nous appelle à être
afin que le ministère de restauration du Christ puisse être partagé de toutes
les manières possibles où que ce soit.
Pendant que je me préparais à ce discours, j’ai prié Dieu à plusieurs
reprises et lui ai demandé « Qu’y a-t-il d’autre que l’Eglise doit entendre ? »
A plusieurs occasions, j’ai ressenti l’Esprit. C’est pourquoi je désire exprimer
ce que j’ai ressenti à travers les paroles suivantes à l’Eglise:
N’ayez crainte ! N’ayez pas peur de devenir qui Dieu vous appelle à
devenir. Dieu, l’Eternel, était avec vous par le passé, continue à être
avec vous aujourd’hui et vous attend déjà avec patience dans le futur.
Grace à votre vie, l’histoire sacrée de la Restauration continue à être
écrite.
Affrontez les difficultés et opportunités actuelles avec un
engagement et un espoir dignes du dévouement et des sacrifices de ceux
qui sont passés avant vous. Continuez de bâtir avec créativité sur les
fondations de la foi qu’ils ont posées. Ouvrez les fenêtres et portes
donnant sur l’avenir.
Communauté bien-aimée, Dieu vous a choisis pour l’aider à accomplir
les desseins divins si vous décidez de vivre tout votre potentiel et le
meilleur de vous. Approfondissez votre foi. Raffinez votre sensibilité
aux directionsde l’Esprit afin de ne pas être distraits par d’autres
influences. Explorez les Ecritures en étant ouverts à de nouvelles
perspectives qui vous parviendront. Développez votre compassion et votre
générosité. Renforcez vos relations afin que la paix du Christ puisse
être magnifiée à travers vous.
Soyez courageux et pleins d’espoir. Réunissez les dons de toutes les
générations et cultures pour que les ministères du corps puissent être
entiers et vraiment vivants. D’autres sont en train d’être préparés dans
le monde entier à joindre leurs efforts aux vôtres, si vous décidez
d’aller de l’avant selon les directions qui vous sont offertes par
l’Esprit. Amen.
Frères et Sœurs, il existe un chemin vers l’avenir qui contient la promesse
que nos jours les meilleurs nous attendent.
Puissions-nous le choisir. C’est mon espoir et ma prière la plus fervente.