|
Sermon de la Conférence Mondiale 2005
“Partagez la Paix de Jésus Christ”
par le président Stephen M. Veazey
Partagez… partagez la paix… partagez la paix de Jésus Christ! C’est tout!
Pas de nouveaux programmes, pas de nouveaux objectifs, pas de nouveaux
thèmes, pas de nouveaux logos… être tout simplement fidèles. Fidèles à Dieu,
fidèles à l’évangile de Jésus Christ et fidèles à la mission centrale de la
Restauration.
Après avoir enseigné tout ce qu’il pouvait, Jésus a fait un cadeau incroyable
– la plénitude de sa paix. Ecoutez ses paroles:
C'est la paix que je vous laisse, c'est ma paix que je vous donne. Je
ne vous la donne pas à la manière du monde. Ne soyez pas inquiets, ne
soyez pas effrayés. –Jean 14:27
La phrase « la paix de Jésus Christ » contient toutes les promesses, tous les
espoirs et toutes les bénédictions de l’évangile tels que révélés par le Christ
et affirmés par le Saint Esprit, sa présence promise avec nous. Dans tous les
recoins de notre vie où nous sommes effrayés, anxieux, découragés, rongés par la
culpabilité ou aliénés, Jésus Christ parle de « paix » et ouvre le chemin à la
paix, pas seulement pour les personnes mais pour la création entière.
Les écritures du Nouveau Testament reprennent ce thème et le développent.
Dans le livre d’Ephésiens, chapitre 2, il est écrit :
Mais maintenant, dans l'union avec Jésus-Christ, vous qui étiez alors
bien loin, vous avez été rapprochés par son sacrifice. Car c'est le
Christ lui-même qui nous a apporté la paix, en faisant des Juifs et des
non-Juifs un seul peuple. En donnant son corps, il a abattu le mur qui
les séparait et en faisait des ennemis. –Ephésiens 2:13-14
Jésus Christ est notre paix! Le Christ est Celui en qui nous trouvons la paix
véritable – pas dans la philosophie, ni en s’échappant du monde, ni dans les
biens matériels, ni dans les accomplissements, ni en bâtissant des murs
(physiques et émotionnels), ni dans quoi que ce soit de notre création.
La volonté de Dieu pour la vie humaine et pour la création vient à travers la
révélation, en particulier telle qu’elle est révélée dans la vie, la mort, la
résurrection et la présence continue de Jésus Christ, la Parole Vivante. A
travers le Christ, quelque chose de difficilement explicable mais au pouvoir de
transformation incroyable, est arrivé. La meilleure description en est le
mouvement de Dieu pour apporter réconciliation et plénitude dans toutes les
dimensions de la vie.
Nous commençons à faire l’expérience de la paix de Jésus Christ lorsque nous
sommes réconciliés avec Dieu, les autres, nous-mêmes et la création. C’est le
cœur de l’évangile tel que nous sommes appelés à le vivre et à le proclamer.
Et c’est mon témoignage. Alors que je deviens de plus en plus enraciné et
basé en Christ, je trouve, au centre de mon être, la paix – une paix
irrésistible – qui dépasse ma compréhension. Cette paix n’est pas une paix
passive. C’est une paix qui me libère pour me connecter et agir de manières
contraires aux nombreuses attitudes et tendances destructrices si populaires
aujourd’hui. C’est une paix englobant tout qui me garantit que dans la vie ou la
mort, j’appartiens au Christ. Aussi, je n’ai pas à avoir peur.
Et nous sommes appelés, en tant que disciples de Jésus Christ et en tant que
Communauté du Christ à partager la paix – la paix de Jésus Christ – avec les
autres. Au fil des années, nous avons parlé du mouvement de Restauration
émergeant de l’appel à partager « la plénitude de l’évangile… jusqu’aux confins
du monde » (Doctrine et Alliances 1:4e).
Mais qu’est-ce que la plénitude de l’évangile? Est-ce que ce sont des
croyances et pratiques particulières à enseigner et même préserver ? Ces
éléments définissant notre foi – comme la révélation continue, un canon ouvert
d’écritures et les divers sacrements de l’Eglise, pour n’en citer que
quelques-uns – sont très importants pour notre identité et doivent être
respectés et chéris. Mais ils ne constituent pas le témoignage central.
Ces aspects de la foi sont les moyens et les ressources qui nous sont données
pour que nous les utilisions dans notre mission. Et notre mission est de
partager le genre de ministère grâce auquel les gens peuvent faire l’expérience
de la plénitude de Jésus Christ, à savoir la réconciliation, l’espoir et la paix
dans toutes les dimensions de leur vie. Ca, c’est la plénitude de
l’évangile.
Notre identité et notre mission doivent toujours émaner de la révélation de
Dieu en Jésus Christ ou nous nous retrouverons sur des tangentes qui nous
conduiront au bout du compte à un légalisme rigide étouffant, plutôt qu’à une
foi dynamique porteuse de vie abondante.
Maintenant que nous avons établi ces choses, concentrons-nous sur l’un des
éléments les plus distinctifs de notre foi – la cause de Sion:
Comme tu me l’as demandé, voici, je te le dis… cherche à mettre en
œuvre et à établir la cause de Sion. –D. & A. 6:3a
S’il y a bien un thème consistant au cœur de notre voyage en tant que peuple
de foi, c’est la cause de Sion. Cette expression capture le sens d’appel divin à
personnifier l’évangile dans notre vie en communauté, grâce auquel les besoins
physiques et spirituels des peuples peuvent être satisfaits et grâce auquel
l’harmonie, la sécurité et la paix peuvent être atteints.
Pourtant, nous devons tout d’abord confesser que notre compréhension limitée
et nos tentatives pleines de zèle ont échoué à réaliser le rêve et ont généré
des réactions ayant pour résultat de sérieuses tensions et même de la violence –
l’antithèse même de la vision du royaume de Dieu sur terre. N’est-il pas
ironique que c’est à une compagnie militaire d’auto-défense appelée Camp de Sion,
que s’adressait la révélation qui aujourd’hui constitue la section 102 de
Doctrine et Alliances? Elle se rendait vers le comté de Jackson dans le Missouri
et venait de Kirtland dans l’Ohio, prête au conflit armé si nécessaire lorsqu’il
lui a été dit d’adopter une approche différente:
Et encore, je vous le dis : demandez la paix, non seulement au peuple
qui vous a frappés mais aussi à tous les peuples ; et élevez une
bannière de la paix et réclamez la paix jusqu’aux extrémités du monde.
–D. & A. 102:11a-b
Comme pour la plupart des révélations, ce message a vu le jour à une époque
particulière et dans un contexte particulier. La première partie de la
révélation dit tout simplement que se battre n’est pas une bonne idée ! La
violence génère la violence. En réponse aux griefs, il est suggéré de résoudre
les différences de manières à ne pas causer plus de blessés ou de morts.
Mais le conseil ne s’arrête pas là. Tout de suite après, figure un saut de
vision et d’espoir pour l’avenir : « … et élevez une bannière de la paix et
réclamez la paix jusqu’aux extrémités du monde ».
A ce moment de notre voyage, nous comprenons maintenant que la cause de Sion
ne peut être séparée du message de réconciliation et de paix apporté par Jésus
Christ. Jésus a pleuré sur Jérusalem car ses habitants n’avaient pas compris
comment trouver la paix (Luc 19:42). Jésus a dit,
Bénis soient les artisans de la paix ; car ils seront appelés les
enfants de Dieu. –Matthieu 5:11
La cause de Sion est l’appel continu à personnifier la paix de Jésus Christ
dans toutes les dimensions de la vie. J’ai entendu les gens parler de leurs
expériences de camps de famille, de retraites et de rassemblements comme un « aperçu »
ou un « avant goût » de Sion. Qu’ont-ils vécu ? L’amour. L’acceptation. L’unité.
La générosité. La Paix. Le désir de servir son prochain.
La cause de Sion est la poursuite des conditions et relations donnant cet
avant-goût de la volonté ultime de Dieu pour la création, dans tous les
aspects de la vie : la famille, la congrégation, le voisinage, la nation et le
monde. Elle trouve son origine dans le concept scriptural de shalom, ou
la paix de Dieu, pour toute la création. Les écritures proclament que la volonté
ultime de Dieu pour la création est la plénitude, l’équilibre et la paix. Le
shalom de Dieu intègre toute une variété de concepts qui montrent le chemin vers
la rédemption ultime de la création, à savoir la réconciliation, la justice, le
bien-être, l’intendance, la générosité, la droiture, la valeur de toutes les
personnes et la communauté véritable. Ca c’est le royaume de paix de Dieu:
Jésus Christ avait une compréhension profonde de la vision de Dieu pour la
création. C’est pourquoi il s’opposait aux tendances religieuses et politiques
dominantes de son époque qui allaient à l’encontre des desseins de Dieu. C’est
pourquoi il mangeait avec les pécheurs, il guérissait les impurs, réconciliait
coupables. C’est pourquoi il s’occupait des besoins des pauvres, et appelait des
personnes venues de tout milieu à un nouveau genre de communauté de paix et de
compassion basée sur l’amour de Dieu, de soi et de son voisin. Jésus Christ est
la révélation de ce que signifie vivre la paix de Dieu dans le monde. La cause
de Sion est comment nous comprenons notre appel à vivre à la manière de Jésus
Christ, l’artisan de paix.
Comment mesurons-nous la profondeur de notre réponse à la cause de Sion, le
royaume de paix? Les écritures nous disent que nous devons être tout
particulièrement conscients de la condition des personnes les plus vulnérables
en notre sein: les personnes âgées, les jeunes, les malades, les pauvres, les
marginalisés et les opprimés. Comment vont-ils ? Connaissent-ils
le bien-être? Ont-ils l’opportunité de pleinement devenir ce que Dieu
désire qu’ils soient, qui est le cœur de la justice ? Sont-ils
injustement entravés par les attitudes et les actions de personnes qui ont une
place plus sûre ou puissante dans la société? Vivent-ils dans des
conditions de pauvreté et de maladie qui leur font peur et les font souffrir?
Prenez les enfants, par exemple. Comment vont les enfants dans nos familles,
nos congrégations et nos quartiers ? Comment vont les enfants dans notre nation
et dans le monde ? Jésus a béni les petits enfants et a dit qu’ils portaient en
eux les graines du royaume de Dieu. Son amour est si tendre pour eux.
Si notre vision de Sion ne fait pas la promotion du bien-être des enfants
dans le monde, alors ce n’est pas le Sion auquel Dieu nous appelle. De plus, je
crois qu’il est vital que nous éloignions nos enfants des conflits monde et que
nous leur enseignions les éléments qui constituent la paix, avant que les
graines du royaume de paix qu’ils portent dans leur âme ne s’endorment à jamais.
C’est pourquoi je soutiens totalement les ministères créés par les membres et
les amis de l’Eglise qui se dévouent pour équiper les enfants et les jeunes avec
les éléments de la paix, comme les Clubs des Jeunes Artisans de la Paix, les
PeaceMobiles et le Pavillon de la Paix des Enfants et son réseau en plein de
développement d’expositions satellites. Ces programmes et autres efforts
similaires doivent être accélérés et amplifiés pour le bien des enfants, pour
notre bien et pour la cause du royaume.
Pourquoi cet appel au royaume de paix, Sion, est-il si crucial pour notre
identité et notre mission ? Regardez autour de vous. Ecoutez. Les gens sont au
désespoir et réclament la paix, mais il n’y a pas de paix. Les nations
s’enflamment contre les nations, les religions contre les religions, les peuples
contre les peuples. Les gens vivent, agissent et réagissent par peur plutôt que
par espoir. La cause de Sion, le royaume de paix, est une vision d’espoir
irrésistible, désespérément indispensable, pour la création que nous sommes
appelés à édifier et à proclamer avec toute l’énergie et les ressources que nous
pouvons rassembler.
Il existe de nombreuses expressions diluées et creuses de l’évangile dans le
monde aujourd’hui qui poussent les gens à croire que le message de Jésus Christ
ne concerne que « moi et mon salut », indépendamment des situations critiques
des autres. La cause de Sion est l’appel ultime à la repentance de l’adoration
de son ego. Il s’agit de grandir dans la droiture, l’amour et la pureté de cœur.
Il s’agit d’apprendre à partager généreusement pour répondre aux besoins des
autres. Il s’agit d’ouvrir notre cœur et notre esprit à de nouvelles
perspectives et compréhensions quant à nos prochains. Il s’agit d’étreindre
l’espoir pour la planète, lieu sacré où la volonté de Dieu doit être accomplie.
Le Temple a un rôle unique à jouer dans la compréhension de notre mission et
dans la poursuite de la cause de Sion. Le Temple est bien plus qu’un édifice.
C’est une révélation : c’est Dieu qui nous parle de notre identité, de notre
message et de notre avenir. Les ministères du Temple mettent l’Eglise au défi
d’approfondir la compréhension et la pratique des ministères qui apportent la
plénitude de la paix de Jésus Christ dans la vie des gens et dans le monde:
Le Temple sera dédié à la poursuite de la paix. Il existera pour la
réconciliation et la guérison de l’esprit. Il sera également consacré au
renforcement de la foi et à la préparation au témoignage. –D. & A.
156:5a
Lorsque nous nous battons pour la paix, la réconciliation et la guérison de
l’esprit, nous exprimons l’essence du ministère de Jésus Christ.
Il est temps d’aller plus loin – plus loin dans notre exploration, plus loin
dans notre compréhension, plus loin dans notre discernement de la signification
de la paix, de la réconciliation et de la guérison de l’esprit et de la manière
dont elles sont exprimées dans le monde aujourd’hui. Nous sommes appelés à
partager la paix de Jésus Christ, à travers notre témoignage vibrant et
particulièrement à travers notre poursuite de la cause de Sion, le royaume de
paix.
Donc, qu’est-il requis pour réussir cette mission? Nous devons commencer par
nous-mêmes. L’appel à la vie de disciple est l’appel à joindre notre vie
entièrement et complètement à Jésus Christ. Vivons-nous la paix de Jésus Christ
dans notre cœur, notre esprit et notre âme ? La vie de disciple doit être basée
sur la formation spirituelle intentionnelle qui nous place au centre de la
présence de Dieu, où nous trouvons la paix intérieure. C’est de la profondeur et
du déversement de cette paix que nous trouvons la capacité de faire face à la
vie et de nous donner au ministère de Jésus Christ dans le monde.
Nous devons également recouvrer la passion de partager l’évangile avec nos
prochains dans les régions du monde où l’esprit d’évangélisation s’est flêtri.
Comment faire cela? Une fois de plus, cela se fait par la formation spirituelle.
Si nous approfondissons notre expérience avec le Christ à travers la prière
créative, l’étude scripturale, l’adoration, le respect de Sabbat et la vie en
communauté, nous découvrirons l’amour et la joie de l’évangile bouillant dans
notre âme et coulant naturellement dans la vie de nos prochains et de nos amis.
La clé de l’évangélisation se trouve dans les disciples pleins de joie et
d’amour qui invitent constamment leurs prochains à venir avec eux à la source de
la vie véritable.
De plus, je crois qu’il est essentiel pour le témoignage et la mission de
l’Eglise que nous arrêtions de nous définir les uns les autres en termes qui
nous divisent. Nous sommes tellement tentés de catégoriser les gens avec des
termes comme « libéraux » et « conservateurs », « progressifs » et « traditionnels »,
« de droite » et « de gauche », « plus spirituels » et « moins spirituels ».
Pourquoi ? Parce que catégoriser les gens signifie que nous n’avons pas besoin
de les connaître. Nous ne pouvons tout simplement pas nous raccrocher à des
assomptions et des stéréotypes qui renforcent nos points de vue. Voici une idée
nouvelle : et si on s’appelait mutuellement « frère » et « sœur » en Christ du
début à la fin de nos relations dans la Communauté du Christ ? Quel témoignage
cela serait pour le monde!
Nous pourrions commencer immédiatement en confessant que nous avons tous
fait quelque chose ayant blessé ou vexé d’autres personnes. Parfois, c’est
par inadvertance, parfois cela arrive au milieu de conflits qui naturellement
arrivent de temps en temps. Nous devons confesser que nous avons tous eu des
comportements ayant marginalisé, vexé et blessé des gens au point où ils se
demandaient s’ils avaient une place dans la Communauté du Christ.
En janvier dernier, lors d’un camp de famille d’hiver, j’ai entendu une femme
afro-américaine partager un témoignage où elle expliquait comment elle était
devenue membre de cette Eglise. Ce qui m’a le plus frappé dans son témoignage
était les préjugés et le manque de compréhension que sa famille et elle avaient
soufferts dans l’Eglise, y compris une « décision officielle » émanant du siège
de l’Eglise des décennies auparavant disant qu’ils devaient former leur propre
groupe et ne pas se réunir avec les membres blancs en raison des dérangements
causés dans la congrégation et dans le quartier.
Tandis que je commençais à digérer l’impact de ce qu’elle partageait, j’ai
ressenti un profond regret et de la honte. Après son témoignage, je devais
donner un sermon, mais je n’ai pas pu procéder comme prévu. Poussé par l’Esprit
du Christ, je me suis levé et j’ai dit à ma chère sœur que j’étais désolé et
qu’au nom de l’Eglise, je m’excusais pour ce que sa famille et elle avaient subi.
J’ai également dit à la congrégation que trop souvent l’Eglise s’éloigne de son
rôle prophétique dans le monde et reflète les préjugés de la société en général
au lieu de toucher la société avec une vision de l’évangile et des valeurs de la
Restauration, comme la valeur et les dons de toutes les personnes. Après le
service, ma chère sœur est venue me voir et m’a dit : « J’aurais vraiment aimé
que ma grand-mère puisse entendre cela ».
Afin d’être une communauté prophétique de paix, de réconciliation et de
guérison de l’esprit, nous devons tout d’abord examiner nos comportements et nos
attitudes. Un des plus grands problèmes pour l’Eglise aujourd’hui est que nous
laissons dominer la même polarisation si ordinaire dans de nombreuses sociétés,
dans nos propres relations dans l’Eglise. Nous plaçons une plus grande
importance sur le fait d’avoir « raison » plutôt que sur le fait d’être « dans
une relation juste », véritablement réconciliés en Christ.
Les murs de l’hostilité et de la division que le Christ a détruits sont en
train d’être rebâtis par nous-mêmes à cause de notre suspicion des gens qui sont
différents de nous. Voici la vérité : nous sommes bien plus semblables que
différents ; nos destins sont entremêlés. Pourquoi, alors, nous concentrons-nous
sur les différences plutôt que sur le fait que nous sommes tous les enfants de
ce Dieu qui nous a créés et qui, malgré notre rébellion et nos défauts, nous a
fait entrer dans la demeure de Christ Jésus?
Doctrine et Alliances 162: 4b et 6b, dit:
C’est à des fins divines qu’il vous a été donné les luttes ainsi que
les joie de la diversité. Ainsi doit-il toujours être dans le royaume de
paix. . . . Celui qui a créé toute l’humanité est affligé par les
divisions honteuses au sein de la famille humaine. Un peuple prophétique
doit travailler sans cesse pour briser les murs de la séparation et
construire des ponts de compréhension.
Donc, dans l’Esprit de Jésus Christ, le réconciliateur et l’artisan de la
paix, je veux commencer à briser des murs qui nous séparent.
A tous ceux qui ont été vexés ou blessés – par des paroles ou le silence, par
des actions ou le manque d’action, par tout ce qui n’a pas reflété les objectifs
supérieurs émanant de notre vision du royaume de paix – je suis véritablement
désolé et je m’excuse au nom de l’Eglise et de moi-même. Cela comprends tous
ceux qui ont subi des attitudes ou des comportements ayant diminué leur sens de
valeur en tant qu’enfant de Dieu. Cela comprend tous ceux qui ont été poussés
sur le côté et au-delà à cause de nos visions divergentes dans l’Eglise sur des
questions de société et de moralité.
Cela comprend également les frères et sœurs qui ont jugé nécessaire de ne
plus participer activement dans l’église à cause de différences sur des
questions théologiques et sacramentelles, ou qui ont jugé nécessaire de former
des branches et des églises indépendantes. Nous savons que ces différences sont
réelles et qu’elles ne sont pas résolues en les ignorant simplement. La
Communauté du Christ s’engage à être un partenaire actif dans les tentatives
continues d’atteindre le niveau de réconciliation et de guérison qui est
possible.
Tandis que cette œuvre se poursuit, affirmons que nous sommes voisins dans
cette communauté et dans ce monde. Si nous ne vivons pas en bons voisins, qui
aiment et se préoccupent les uns des autres, et qui s’aident mutuellement à des
moments de besoin, alors le Sion que nous désirons tous ardemment et pour lequel
nous oeuvrons, ne trouvera pas sa pleine expression pour le salut et la
bénédiction de l’humanité. Reconnaissons que nous avons tous failli aux idéaux
supérieurs de notre héritage et de notre foi commune et que nous sommes désolés
quant aux blessures causées dans la vie de personnes que nous aimons.
Dans cet esprit, reconnaissons également que le ministère de réconciliation
est au bout du compte une responsabilité personnelle. Ce n’est pas par accident
que nous conclurons cette Conférence en partageant le sacrement de la Sainte
Cène. Examinons chacun notre vie tandis que nous nous préparons à participer à
ce sacrement, pour discerner nos échecs dans nos relations avec les autres afin
de trouver l’attitude nécessaire d’humilité et de repentance qui nous libèrera
pour étreindre les dons du pardon, de la réconciliation et de l’espoir, qui à
leur tour, nous libèrent pour toucher les autres dans la paix de Jésus Christ.
Notre aptitude à poursuivre notre mission dépend extrêmement de notre
préparation, attitude et réponse à la prêtrise de l’Eglise. Je considère le
ministère dans la prêtrise un privilège sacré qui doit s’exprimer avec un sens
profond de dévotion et de volonté d’apporter un ministère de serviteur, à
l’image du Christ. C’est une des formes supérieures d’intendance de la vie et
cela comprend non seulement la réponse initiale à l’appel, mais également la
croissance, le développement et la responsabilité continus.
La prêtrise ne devrait jamais être une source de fierté ni une manière de
manipuler ou contrôler les autres. Ce n’est pas une plate-forme où l’on peut
exprimer ses points de vue. Il nous est rappelé dans Doctrine et Alliances
Section 11 que personne ne peut aider à cette œuvre sans être humble et plein
d’amour, avec foi, espoir et charité (4b). Le chemin vers l’avenir comprend
l’appel de façonner un groupe de ministres connus pour leur humilité, intégrité
et engagement envers un ministère efficace dans le monde aujourd’hui. Il est
indispensable que des efforts renouvelés se concentrent sur la formation, le
conseil et le développement de dirigeants pour équiper les ministres ordonnés –
bénévoles et professionnels – pour la mission de paix, de réconciliation et de
guérison de l’esprit dans le monde.
Il est également essentiel que nous appliquions plus d’énergie et de
ressources pour soutenir les pasteurs de congrégation. Rien n’est plus vital
pour la revitalisation et le mouvement vers l’avant de l’Eglise que les pasteurs
de congrégation qui n’ont pas seulement la passion pour le ministère, mais aussi
une ferme maîtrise des compétences nécessaires pour conduire les congrégations
vers des expressions vibrantes, saines de la Communauté du Christ au XXIè
siècle. L’Initiative Co-Pastorale a très bien débuté et montre des signes de
véritable réussite à cet égard. J’aimerais préconiser que les congrégations et
les pasteurs profitent des places restantes avant qu’elles ne soient remplies.
Au-delà de tout cela, nous sommes conscients du besoin de prendre les
éléments les plus efficaces de ce programme pilote et les rendre disponibles
pour les pasteurs et pasteurs potentiels dans le monde. Pouvez-vous imaginer ce
qui arriverait dans de nombreuses congrégations si il y avait des pasteurs pour
les diriger, motivés, formés, soutenus et engagés à un service à long terme pour
la poursuite de notre mission?
Maintenant, je dois parler clairement et simplement d’un sujet crucial.
Toutes ces paroles sur l’identité et la mission sont vaines si nous n’avons pas
les moyens financiers de soutenir et développer les ministères de l’Eglise au
niveau local et international. L’intendance, la vie de disciple et la mission ne
peuvent être séparées.
Au cours de cette Conférence, nous avons vu les chiffres qui reflètent le
niveau actuel de notre réponse d’intendance. Il n’est pas difficile de voir que
les projections de la dîme pour les Ministères Mondiaux que nous avons
approuvées pour les années fiscales à venir sont considérablement inférieures
aux projections de revenu en dîme pour cette année. Cela nous dit qu’il devra y
avoir une réduction proportionnelle des ministères et services vitaux de
l’Eglise. Ces chiffres reflètent l’avenir le plus probable si rien ne change.
Cependant, cet avenir n’est pas inexorable. Si, par nos choix individuels et
collectifs, nous commencer à avancer dans la foi vers l’option préférée de Dieu
pour l’Eglise, un nouvel avenir poindra avec une clarté de plus en plus vive.
Donc, afin de marquer le début de l’avenir que nous désirons, laissez-moi vous
dire que la direction actuelle de la réponse d’intendance n’est pas acceptable !
La vraie question ici ne concerne pas seulement les chiffres et les budgets.
Elle concerne notre attitude. Quelle est pour nous la réelle importance de la
mission de partager la paix de Jésus et la cause de Sion dans le monde?
Lorsque je pense à combien Dieu m’a béni avec espoir et desseins dans ma vie,
mon cœur déborde d’amour et de gratitude en réponse à la grâce de Dieu. Par
conséquent, le désir de mon cœur est de partager ma vie, mon témoignage et mes
ressources pour soutenir les ministères de l’Eglise et des organisations
affiliées qui apportent l’évangile aux autres, y compris ceux qui sont hors de
ma porté, mais certainement pas hors de mes préoccupations.
Partager généreusement pour aider les autres est l’une des manières
principales de grandir spirituellement car cela nous éloigne de notre
égocentrisme et du besoin incessant d’avoir toujours plus. La paix grandit
lorsque nous abandonnons ce qui est contraire à la paix – individualisme,
consumérisme, compétition— et que nous brandissons les éléments qui constituent
la paix – partage, générosité et coopération pour une cause commune.
Quant à moi et mon foyer, nous allons augmenter notre dîme pour les
ministères locaux et mondiaux dans les jours à venir, selon notre capacité, non
pas parce que nous espérons recevoir plus en retour, mais parce que nous pensons
que c’est une bénédiction de donner tandis que nous grandissons en Christ, et
nous considérons que c’est une joie de soutenir les ministères vitaux de
l’Eglise dans notre ville et dans le monde. Je préconise que chacun d’entre vous
fasse de même, et regarde ensuite avec émerveillement l’impact de la Communauté
du Christ déclenché pour le bénéfice et la bénédiction de l’humanité et la
création.
Donc nous voici à un moment crucial. Et il n’y a qu’une seule question à
laquelle répondre : Avons-nous le courage et la conviction d’être qui nous
sommes véritablement ? Nous sommes aux portes de l’excellence – non pas comme le
monde mesure l’excellence, mais comme Dieu le fait – en termes de participation
sans réserve pour accomplir la volonté divine pour la création.
Et, nous sommes appelés ! Nous sommes appelés à approfondir notre vie de
disciple à travers la formation spirituelle qui nous place au centre de l’Esprit
du Christ Vivant, qui continue à libérer et restaurer les gens dans la vie en
communauté. Nous sommes appelés à partager la paix de Jésus Christ, la plénitude
de l’évangile, avec tous ceux qui entendront et répondront. Nous sommes appelés
à porter le témoignage, par nos paroles et nos actions, de la cause de Sion, le
royaume de paix, la vision d’espoir pour ce monde désespéré. Nous sommes appelés
à révéler Jésus Christ au monde à travers des ministères finement aiguisés de
paix, de réconciliation et de guérison de l’esprit, rendant les ministères du
Temple manifestes dans notre vie.
Nous sommes appelés à façonner une famille diverse de paix en Jésus Christ à
partir des cultures et nations du monde, pour la bénédiction et le salut de
l’humanité. Nous sommes appelés à donner de nous-mêmes et de nos ressources avec
générosité afin que notre témoignage du Christ et de Sion puisse augmenter, non
pas décliner, dans le monde. Nous sommes appelés!
Je suis prêt à répondre à l’appel de partager la paix de Jésus Christ. Et
vous ?
|